La constellation des égarés

Recueil 2019-2020

disponible dans l'édition papier de "Lettres aux Princes de sciure" en commande sur

https://www.thebookedition.com/fr/lettres-aux-princes-de-sciure-p-378758.html

Ce recueil regroupe les écrits de 2019-2020 conçus comme des portraits.

Artistes de mes références, ou inconnus croisés, devenus amis, et qui ont marqué ma mémoire, ces étoiles forment la constellation de ceux dont l'esprit s'égarent pour les plus belles des raisons.

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Extraits

Le nom d'un roi
(Yves & Louis)

Il a le nom d’un fleuve, de son allure étrange, long, lent, large et profond, des yeux noirs qui pleuvent comme les eaux du Gange, comme les remous du Nil, la douceur amère du goût des ils. Il a le nom d’un fleuve, le cœur à fleur de veines, long, lent, large et grand, des  idées noires qui nous  émeuvent. Et les courbes de la Seine sont passées de ses doigts aux femmes vêtues de peaux de soie.

Il a le nom d’un fleuve qui se soulève, long, lent, large et profond, les crues d’une vie comme une épreuve, l’esquisse d’un sourire qui se lève glissant vers la mélancolie. Il a bu les  Lumières, il a vaincu Paris. Il a le nom d’un fleuve, de son élégance, long, lent, large et grand, le génie, l’insolence. Le nom du Saint-Laurent.

(…)

 

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Amandes amères

Il y a des vertiges d’une beauté rare, des peurs insensées qui tournent la tête, l’idée de te revoir, un nouveau départ, et rejoindre Cassis par la route des crêtes. Vers toi j’avance seul, nu et sincère, la peau épaisse désormais comme une côte polie par la mer, mais veloutée et parfumée comme celle des amandes amères.

Il y a des vestiges qui peuplent au hasard mes peurs infondées d’une histoire qui s’entête, l’idée de décevoir, de baisser le regard et rejoindre Cassis par la route des crêtes. Vers toi j’avance, seul, nu et sincère, la peau épaisse désormais comme une côte polie par la mer mais veloutée et parfumée comme celle des amandes amères.

(…)

 

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Le miel et la résine
(Etienne & Eddy)

C’est pour moi un souvenir de résine, des pas qui craquent dans la forêt, un soir qui tombe et se résigne, des lèvres humides qui font l’été. C’est encore l’ami des peurs intimes, le confident de mes secrets, le partenaire de quelques rimes aux heures d’amours dissimulées. Un peu de miel et de résine dans une voix inespérée. Des mots qui volent et qui désignent le droit à la fragilité. A hésiter aux corps qui cèdent, il m’a fallu bien un peu d’ED.

(…)