Les peaux qu'on dévore

Recueil  1989-2020

Ce recueil parcours 30 ans de sensations autour de la peau, du souffle et des mains.

Un regroupement de textes qui revient aux sources les plus élémentaires de notre sensualité

et de nos dérives.

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Extraits

Qu’il est bon d’aimer jusqu’à la douleur jusqu’au sentiment de tout perdre aussi, pour toute la vie d’un coup qu’on possède contre toute la mort d’un orgueil qui cède, entre les caresses et les morsures, entre la tendresse et la torture. Qu’il est bon d’aimer jusqu’à s’en faire peur quand la volonté étreint les envies. Si on fait de nous que des mauvais anges étourdis au cœur d’un vice qui nous mange, il n’est de sacré que ce qu’on choisit pour son existence, comme chemin de vie, merci de nous plaindre d’y donner un sens.

Pour certains la chair que l’on corrompt et pour nous aimer à notre façon, il n’est de nature que celle que l’on vit, il n’est d’immature que ce que l’on crie, merci de nous contraindre au silence. Qu’il est bon d’aimer jusqu’à la douleur jusqu’au sentiment de tout perdre aussi, pour tout l’absolu qu’enfin on atteint contre les vertus d’un bonheur qu’on feint, entre les promesses et les blessures, entre la détresse et l’imposture. Qu’il est bon d’aimer jusqu’à s’en faire peur quand la vérité rime avec la vie.

 

Pour tout donner et tout prendre. Pour le plaisir, même s’il bat mon cœur,  même si par malheur j’en venais à disparaître dans l’étrange étreinte de la douleur et du bonheur. Pour tout donner et tout prendre. Pour le plaisir, parce que je n’ai plus rien à vendre sinon mon chant et mes couleurs, des notes plus ou moins fausses et les lueurs de ma pâleur. Pour tout donner et tout prendre, pour le plaisir de la fêlure, la seule chose en l’homme qui dure, ce sentiment d’inaptitude entre l’errance et l’habitude.

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Il y a les regards qu’on croise, les mains qu’on serre, les bras qu’on tend. Il y a les illusions qu’on berce sans le vouloir vraiment.  Et puis il y les peaux qu’on dévore. De soie, de pêche, qu’on déguste à la mesure de leur goût raffiné. Douces ou bien mortes qu’on pèle à l’usure de nos paumes affamées. Du dos ou du cou qu’on saisit à la morsure de nos dents acérées. Neuve ou de tambour pour  faire résonner en mesure nos désirs assumés. D’ange ou pleine pour faire le voile ou l’armure de nos corps rapprochés. Il y a les regards qu’on croise, les mains qu’on serre, les bras qu’on tend quand une vie de blessures demande à s’y oublier. 

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