Lettres aux Princes de sciure

Recueil  2019 - 2020

Disponible sur

maisonsensey.com (France)

thebookedition.com (France et International)

en commande et retrait dans 145 librairies en France via leslibraires.fr

Ce recueil regroupe une grande partie des écrits de 2019-2020.

Il retrace ces deux années de retour à l'écriture après plus d'une décennie d'interruption.

Rédigé entre Bordeaux, Marseille, Le Cap Ferret et La Ciotat,

il est la symbiose de toutes mes influences et de toutes les histoires.

extraits

Nouvelles Lettres

à Monsieur J.

Je t’aime et c’est un combat.  C’est une lutte en moi, superbe et inutile. Ce n’est que de la beauté. Ce n’est plus que ça. Tant les années ont lavé l’émotion.  Tant la distance est une vie entière,  et que jamais tu ne reviendras.  Je t’aime et c’est un combat. Entre le désir et la raison. C’est le vestige d’une passion.  A ne jamais me défaire de ton abandon qui se noie dans le temps d’une génération. Et ton image colle. Ton amour adhésif est une obsession  qui à rien ne rime. Et pourtant je te parle tout bas. Chaque matin dans tes bras. Et je fredonne sans cesse la chanson de Barbara : Dis quand reviendras-tu ? Avant que l’ennui ne me tue.

Je t’aime et c’est une joie. C’est un souvenir qui justifie que je sois là, phare dans l’orage qui ne cessera pas. C’est de la beauté. Ce n’est plus que ça.  Parce que j’ai dans le cœur les reflux et les lames. Parce que j’ai dans le cœur ce sentiment d’inconstance qui fait mon essence et ma foi. Je t’aime et c’est une joie. C’est la trace de mes évidences.  Un amour qui cadence mes pertes de contrôle et les corps que je frôle sans bien savoir pourquoi. Parce que j’ai dans le cœur des espoirs et des larmes. Parce que j’ai dans le cœur la richesse et la vie de tous les drames.  Et chaque jour je te parle tout bas. Chaque matin dans tes bras. Et je m’étonne de murmurer la chanson de Barbara : Dis quand reviendras-tu ? Avant que l’ennui ne me tue.

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Lettres au corsaire

 

Pour un duel au clair de lune dans une chambre de pénombres, toucher sans honte ta texture et la matière qu’on ne voit pas, sentir la trame quand se consume à la chaine un désir d’ombres chinoises projetées sur les murs dans un théâtre d’une seule fois. Pour une étreinte qui allume un temps où las vaincus on sombre, touchés sans honte par la brûlure de ces feux qu’on n’éteint pas, frémir parfois à l’infortune et aux vertiges des décombres, tout ce qui fait que l’on est purs en équilibre sur un toi. Pour un duel au clair de lune dans une chambre de pénombres, toucher sans honte ta texture et la matière qui s’offrent à moi. Sentir les flammes  et les vertiges de nos  désirs  qui sombrent, serrés, blottis et à couvert  dans des velours de soi.

 

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Lettres de La Ciotat

  

Qu’as-tu fait de ces amours portées parfois un seul jour,  puis jetées en boule dans un panier avant de les laver ?  Pour oublier la peau de la nuit saoule au matin disparue dans la fumée. Que sont devenus ces bonjours qui d’une main se lèvent  dans le soleil d‘une épaule entre une caresse et un baiser ? Pour oublier un peu la foule et sous un toi se sentir exister. Il en reste le goût d’un vin léger, il en reste le vent chaud d’un été, quelques draps en boule et des oreillers où trainent dans un souffle des cheveux  comme les souvenirs de ces heures étoilées. De toi à moi, ton nom je l’ai oublié. Ne m’en veux pas, j’en suis déshabillé. Et presque nu, tu peux me regarder. De moi à toi, je n’ai rien regretté.

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